Opinions
Pour une clarification des rôles entre clients et agence
12 février 2022A côté du rôle de maître d’ouvrage côté client et de maître d’œuvre côté agence, n’oublions pas l’assistance à maîtrise d’ouvrage, qui doit être assumée et valorisée de part et d’autre.
Les clients, qui dans l’industrie de la communication sont communément catalogué d’annonceurs (appellation désuète et réductrice par rapport l’activité de pilotage des marques, institutionnelles ou commerciales), et les agences passent du temps, seuls ou dans différences instances, à réfléchir à la gestion de leur relation: type de prestation, niveau de rémunération…
Etant client et ayant été en agence, je me demande si chacun est toujours bien conscient de son rôle. Je me demande même si pour plus de clarification, il ne serait pas nécessaire de se référer à des notions «universelles» utilisées dans des métiers connexes, qui font appel à des logiques projets similaires, comme dans l’architecture, l’informatique…
Parlons donc de maîtrise d’ouvrage, de cahier des charges, de maîtrise d’œuvre, sans oublier l’assistance à maîtrise d’ouvrage, qui est sans doute le nœud gordien de la relation. Et voyons à qui attribuer les rôles entre le client et l’agence.
Maître d’ouvrage et maître d’oeuvre
Le maître d’ouvrage décrit les besoins, précise les objectifs, les délais et le budget alloué dans le cadre d’un cahier des charges rédigé. L’ouvrage, c’est «l’objet» livré à la fin du projet. Dans notre métier, le client est le maître d’ouvrage. L’expression des besoins est donc faite par le client. C’est ce qu’on appelle communément le brief, appellation à mon sens généralement réductrice aussi, par rapport à la nature des projets, qui nécessite un cahier des charges «engagé». Est-ce que le client remplit tout son devoir de maître d’ouvrage au moment de ce transfert de responsabilité vers l’agence? C’est à chacun de voir.
Le maître d’œuvre assure quant à lui la production du projet dans le respect des délais, du budget et de la qualité attendue. Pas de doute non plus, c’est le rôle de l’agence. Là où ça se complique, c’est la «zone grise» de l’assistance à maîtrise d’ouvrage. Celle-ci a pour mission d’aider le maître d’ouvrage à définir le projet réalisé par le maître d’œuvre. L’assistant a un rôle de conseil et de proposition, le décideur restant le maître d’ouvrage. En l’occurrence, il est fréquent pour un client de faire appel à de l’assistance à maîtrise d’ouvrage, mais parfois sans le savoir ou sans le dire…
C’est un rôle à part entière qui peut être confié à un tiers, consultant indépendant ou cabinet de conseil, rémunéré comme tel. L’agence peut évidemment assumer ce rôle, ce qu’elle fait souvent, mais parfois sans le savoir ou sans le dire. Le risque est donc que l’assistance à maîtrise d’ouvrage s’installe par défaut ou par excès. Par défaut du rôle du client dans l’expression de son besoin. Par excès du rôle de conseil de l’agence.
Rémunération de l’assistance à maîtrise d’ouvrage
Là où ça pêche dans la relation entre le client et l’agence, c’est en ce qui concerne la rémunération de l’assistance à maîtrise d’ouvrage. Celle-ci est nécessaire au client dans certain cas pour préciser le cahier des charges, ainsi qu’à l’agence pour produire le projet.
Il y a donc deux rôles principaux dans notre métier comme dans beaucoup d’autres: le client comme maître d’ouvrage et l’agence comme maître d’œuvre. Mais n’oublions pas le troisième: l’assistance à maîtrise d’ouvrage, parce que c’est bien le nœud gordien. Sachons de part et d’autre l’assumer et le valoriser quand il est nécessaire, pour clarifier la relation, que ce soit le type de prestation ou le niveau de rémunération.
Les agences de com et la démarche low cost ?
17 mai 2021Une crise économique conduit à des coupes budgétaires drastiques. Les agences sont tentées de “dumper”, et les annonceurs de faire du low cost.
Avec peu, on peut encore faire de belles choses.
Mais avec 0 €, il est vrai qu’on n’a pas grand chose.
Il faut donc préciser de quoi on parle.
S’il s’agit de mener un projet de convention interne à slide-show-basique, une agence n’aura pas grande utilité. Et le sujet pourra sortir en low cost, cf une convention interne sans buffet mais avec café d’accueil pour la convivialité.
Le low cost, çà marche plutôt bien. Je l’ai pratiqué en événementiel.
Pour l’interne, les participants savent comprendre le low cost. Ils apprécient quand les choses ne sont pas tout simplement supprimées sur l’autel des coupes budgétaires… .
Pour l’externe, les participants comprennent le juste nécessaire qualitatif, non ostentatoire. Plus serait d’ailleurs reproché… .
Reste que la période impose de jouer toujours plus malin. Voici quelques idées, qui mériteraient un brainstorming !
– le digital ouvre des voies nouvelles abordables : l’effet buzz multiplie les cibles et baisse le coût de contact
– l’espacement des communications est également une source possible d’économies
– un (vrai) événement peut aussi susciter un buzz via la presse, sans coûter ou presque
– la mise en place de coûts standards permet une analyse fine des postes de dépenses des événements récurrents, et apporte une meilleure maitrise des coûts
– la mise en place d’accords cadre, dans le cadre de démarches de fidélisation est une autre voie….
– …
Il faut garder en tête que, plus la communication sera impactante, plus les dépenses auront du sens.
Tout est donc question de cibles et de priorités.
Quant au dumping fait par certaines agences, c’est une vision courte vue qui les pénalisent à moyen terme. Car une agence contribue à un contenu et un impact forts. Ce ne sont d’ailleurs pas les meilleures agences qui “dumpent”… .
Mieux vaut de baisser la voilure et se focaliser sur la valeur ajoutée à un juste prix. Un calcul juste visionnaire.
Événementiel corporate : comment réinventer la proximité à l’heure de la distanciation physique ?
12 février 2021Alors que la crise sanitaire a vu les événements physiques s’annuler les uns après les autres, certains ont fait le choix de s’adapter en proposant des alternatives digitales. Ce virage pose son lot de questions : comment réussir sa transformation, quels sont les enjeux d’une digitalisation d’événement ou encore comment créer de l’émotion ?
Réunis par l’agence de communication globale Marquetis et L’ADN à l’occasion du webinaire « Comment réinventer la proximité à l’heure de la distanciation sociale ? », Anne-Dorothée Pinchaux (directrice associée chez Marquetis), Claire Outrequin (directrice de clientèle chez Marquetis) et Amandine Carrier-Buvat (responsable communication chez Stihl) livrent leurs conseils et leurs enseignements.
Enjeux et expression de la digitalisation de l’événement
Au printemps 2020, une nouvelle expression s’impose en marge du premier confinement : la distanciation physique. Difficile dans ce cadre, pour les agences et les annonceurs, de poursuivre leurs activités événementielles traditionnelles. Mais une fois ce constat dressé, que faire ? « Au départ, dans un sentiment de panique générale, en particulier chez les annonceurs, on a dû penser dans l’urgence des dispositifs, en alternative aux rendez-vous physiques. Mais petit à petit, on a constaté un changement de paradigme, et on est vraiment passé de la peur au désir », indique Anne-Dorothée Pinchaux. Et pour cause, selon une étude menée par Twilio, la crise sanitaire a fait accélérer la stratégie de communication digitale des entreprises françaises de 6,7 ans en moyenne.
Un changement de paradigme guidé par l’idée de résilience ajoute la directrice associée : « Dans cette crise sanitaire, il y a une réelle émulation dans les problématiques événementielles, on observe un renouvellement du genre de l’événement, à l’instar d’autres secteurs comme la restauration, le commerce, la culture qui font aussi preuve de résilience au quotidien depuis quelques mois ». Dans ce cadre, le digital s’est donc imposé naturellement dans le paysage du secteur événementiel.
L’importance du choix du format
Une fois le « LA » donné, intervient l’importance du format. Le digital d’accord, mais comment et sous quelle forme ? « Premièrement, il faut tenir compte de la teneur des messages à faire passer et de la manière dont on va s’adresser à nos publics, que ce soit en termes de durée, de ton, de contenus et en intégrant bien le fait que sur le digital, l’attention peut être plus difficile à capter », témoigne Anne-Dorothée Pinchaux, et d’ajouter : « À partir de ces données, on étudie point par point comment le digital peut y répondre ».
Et comment peut-il y répondre ? « Il faut une bonne scénographie, créer du rythme, de l’émotion, un storytelling qui embarque, et comme pour les événements physiques : un effet “waouh” », continue la directrice associée. Des points forts qui permettent de capter des audiences plus larges que celles présentes en physique, d’affiner les discours, de personnaliser des contenus, d’apporter de la richesse en termes de questions/réponses via des tchats, la possibilité d’y répondre pendant et après. Grâce au format digital, « la parole se libère ».
Capter son audience et créer de l’émotion
Dans un événement il y a : l’avant, le pendant et l’après. Capter son audience repose sur un pari premier : le rendre attractif. Un point travaillé par Claire Outrequin lors de la mise en place du Stihl Tour 2020, un événement physique qui se déroule habituellement aux quatre coins de l’Hexagone, et qui a été repensé comme une émission télévisée d’une durée de quatre heures : « Pour le rendre attractif, nous avons beaucoup travaillé sur la mécanique d’invitation avec des emailings, des SMS ou des WhatsApp. Et dans tous ces supports, nous avons mis le plus de proximité possible ». Et du concret ? « Oui, nous avons envoyé au préalable une box, et comme pour les événements physiques le participant avait un café, un petit déjeuner d’accueil et des goodies ». Côté annonceur, Amandine Carrier-Buvat ajoute : « il faut rassurer, coacher, être en lien avec l’agence et les équipes internes, et donner du rythme donc : l’état d’avancement, projeter les interlocuteurs, donner les quick wins. Bref, rassurer ».
Et pour créer de l’émotion, une fois l’audience captée, que faire ?
En amont, nous confie Anne-Dorothée Pinchaux, il est nécessaire de faire un travail sur « la ligne éditoriale, celle du langage, du ton, et déployer le tout via des images, une ambiance sonore et des mots forts ». Côté humain, continue-t-elle, « il faut être attentif au choix des intervenants, des personnalités et des speakers, sans oublier de témoigner sa reconnaissance et sa gratitude envers son audience ».
Quelles perspectives pour les événements digitaux ?
Le numérique s’est fait une place parmi les incontournables de l’événementiel, mais qu’en est-il pour la suite ? Une fois la crise sanitaire terminée, Amandine Carrier-Buvat souhaite maintenir l’événement digital parallèlement à la reprise du Stihl Tour physique. Une volonté partagée par l’ensemble de l’équipe Marquetis présente : « il faut miser sur l’hybridation ! Profiter ainsi du meilleur des événements en présentiel et du digital ».
À l’heure où les événements digitaux se popularisent, quelles sont les clefs de développement pour maximiser leur impact et continuer à créer de l’émotion ? « Du sur mesure et de la personnalisation. Miser sur les synergies entre les mondes du média, de la culture et du corporate, de l’interactivité, une audience active, du gaming voire de la réalité virtuelle ! ».
Extrait de l’ADN